
Se déplacer en pirogue : une expérience typique de la Guyane
Sur le Maroni et l'Oyapock, la pirogue est le moyen de transport du quotidien et une expérience inoubliable pour le visiteur. Où la prendre, à quoi ressemble le voyage, combien de temps, quoi emporter et les règles à connaître.
En Guyane, le fleuve est une route. Sur le Maroni et l'Oyapock, des milliers d'habitants se déplacent chaque jour en pirogue : pour aller à l'école, faire les courses, rendre visite à la famille ou rejoindre une commune que la route n'atteint pas. Pour le visiteur, c'est l'une des expériences les plus marquantes du territoire. Voici à quoi s'attendre, et comment bien la préparer.
Où prend-on la pirogue en Guyane ?
Sur le Maroni, à l'ouest. Le fleuve sépare la Guyane du Suriname. Depuis Saint-Laurent-du-Maroni, les pirogues remontent vers Apatou, Grand-Santi, Papaïchton et Maripasoula, en desservant de nombreux villages en chemin. On y fait aussi la courte traversée vers Albina, sur la rive surinamaise.
Sur l'Oyapock, à l'est. Le fleuve marque la frontière avec le Brésil. Depuis Saint-Georges, on traverse vers Oiapoque en quelques minutes, ou l'on remonte vers Camopi et les villages du haut fleuve.
Et ailleurs. D'autres fleuves et marais se découvrent en pirogue, le plus souvent lors d'excursions encadrées : l'Approuague, la Mana, ou les marais de Kaw, réputés pour leurs caïmans et leurs oiseaux.
À quoi ressemble le voyage ?
La pirogue de fleuve est longue, étroite et basse sur l'eau, aujourd'hui presque toujours équipée d'un moteur à l'arrière. Le piroguier pilote depuis la poupe ; à l'avant, un second homme lit la rivière et signale les roches. Ce savoir-faire se transmet souvent de génération en génération, en particulier chez les peuples bushinengé et amérindiens qui vivent le long des fleuves.
On s'assoit sur des bancs en bois, les bagages calés au milieu. Le paysage défile : forêt dense jusqu'au bord de l'eau, villages sur les berges, enfants qui se baignent, pirogues chargées de marchandises qui vous croisent.
Puis viennent les sauts, ces passages de rapides où le fleuve s'étrangle entre les roches. C'est là que le métier du piroguier se voit : il choisit sa ligne, ralentit, accélère. À la saison sèche, quand l'eau est basse, certains sauts deviennent délicats et il arrive qu'on descende quelques minutes pour alléger la pirogue.
Combien de temps, combien ça coûte ?
La durée dépend surtout du niveau de l'eau et de la charge de la pirogue. Une traversée de rive à rive prend quelques minutes. Remonter jusqu'aux communes de l'intérieur prend plusieurs heures, et les plus longs trajets peuvent occuper une journée entière, voire davantage à la saison sèche.
Les prix varient selon la distance, la saison et le nombre de passagers : de quelques euros pour une traversée à plusieurs dizaines, voire plus d'une centaine d'euros pour les longues remontées. Nous avons rassemblé des tarifs indicatifs dans l'article Le transport en pirogue sur les fleuves de Guyane. Mettez-vous d'accord sur le prix avant d'embarquer, et prévoyez des espèces.